Les exercices

Monseigneur Philippe BARBARIN :

« Arrachons de nos esprits l’idée que la spiritualité ignacienne est, comme on le dit malheureusement dans beaucoup de livres qui voient les choses de loin, une spiritualité militaire; c’est vrai qu’il était militaire, ce n’était pas sa vocation, il n’y a pas de sot métier, il faisait ce qu’il voulait, mais quand il s’est converti, c’est vraiment une vocation mystique, de chemin mystique, et si vous connaissez le chemin qui nous est proposé dans les exercices spirituels de Saint Ignace, vous voyez bien comment il nous amène à un éblouissement d’amour. Nous sommes donc comme montés sur une colline pour voir que nous étions des pauvres créatures, et il a pour but de nous mettre en contact avec notre Créateur, et entrant dans ce sanctuaire, nous avons franchi tout le chemin de la seconde semaine des exercices spirituels, après nous être débarrassés de nos péchés et de toutes nos pesanteurs, et nous avons contemplé la vie du Christ tout au long de la grande nef et des vitraux de cette église, et nous sommes arrivés à la troisième semaine des exercices spirituels, à l’autel, ici, et où le feu de Dieu est tombé sur nous, c’est le moment de la Passion du Christ. Et on a l’impression à la fin que les cieux s’ouvrent et dans la dernière partie des exercices spirituels médite admirablement la lumière de Dieu, le fleuve de l’amour de Dieu qui descend sur ce monde, et c’est une allégresse extraordinaire. Il appelle cela la contemplation pour obtenir un peu d’amour. C’est tellement joli. Vous savez qu’il signait ses lettres de la sorte : Ignace, mendiant d’amour.

La seule chose qui me manque, c’est un peu d’amour, si j’en avais, tout irait bien. Et à la fin de cette contemplation il y a cette prière qui est sans doute la plus fameuse des jésuites, le suscipe, où il est très rusé d’ailleurs, il dit : »Prends Seigneur, et reçois tout, ma volonté, mon intelligence, tout, tout est pour toi. La seule chose que je te demande, c’est ta grâce et ton amour. » Et de fait, il a raison ce n’est pas un mauvais calcul, tout suffit. Et nous voyons ce vieillard, à la fin des jours, dans la maison de Rome, claudiquant, parce que vous savez qu’il avait gardé une blessure à la jambe, et il s’arrête entièrement dans la contemplation de l’amour de Dieu venu jusque sur notre terre, à laquelle il a essayé d’introduire ses disciples. On raconte comment un jour il était à côté d’une petite fleur et il lui dit : « Chut ! pas si fort ! » Sans doute clamait-elle trop l’amour de Dieu. » Jean Paul II., Exhortation Apostolique sur la vie consacrée, 25 mars 1996 : « L´appel à la sainteté ne peut être entendu et suivi que dans le silence de l´adoration devant la transcendance infinie de Dieu. Nous devons confesser que nous avons tous besoin de ce silence chargé de présence adorée … Tous, croyants et incroyants, ont besoin d´apprendre la valeur du silence qui permet à l´Autre (Dieu) de parler, quand et comme Il le voudra et qui nous permet à nous de comprendre cette parole.
Dans la pratique cela suppose une grande fidélité à la prière liturgique et personnelle, aux temps consacrés à l´oraison mentale et à la contemplation, à l´adoration eucharistique, aux retraites mensuelles et aux exercices spirituels. »

Mère Teresa, le 14 septembre 1986 : « Dans nos communautés des Missionnaires de la Charité, nous faisons depuis le début, les Exercices Spirituels de Saint-Ignace, qui sont très beaux et très fructueux. Je les conseille à tous: ils ne sont pas réservés aux religieux. Ils sont d´autant meilleurs que le prêtre qui les donne reste très fidèle, avec beaucoup de soin, à la méthode que Saint-Ignace nous a donnée lui-même. »

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